Des élections au Cameroun pourquoi faire ?

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Les prochaines élections camerounaises

Le Cameroun va organiser dans la journée du 9 février 2020, des élections municipales et législatives. De ce fait, le pays s’apprête à préparer un double scrutin sous le signe du boycott. En fait, certains partis politiques ont tout simplement décidé de ne pas participer à ces élections.  Quelles sont  les raisons qui ont motivé la désertion de ces formations politiques ? Des élections au Cameroun pourquoi faire ?

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Le Boycott come arme politique ?

Le premier parti a décidé du boycott des élections était le MRC de Maurice Kamto. En fait, à quelques heures de la clôture des candidatures le 25 novembre 2019, le leader du MRC annonce le retrait de son parti. Le professeur justifie sa décision en dénonçant un code électoral « taillé sur mesure », pour permettre une victoire du parti au pouvoir. En plus, Maurice Kamto précise : « nous ne voulons pas une répétition de la crise post-électorale des présidentielles de 2018. Le jeu démocratique doit être arrêté de façon consensuelle par tous les acteurs. Mais à ce rythme, les mêmes causes produisent les mêmes effets. »  Puis et de conclure: « Je demande aux électeurs de rester chez eux et de ne pas  aller voter ».

D’autres formations politiques majeures avaient aussi menacé de boycotter les élections. Ils   s’agissaient du Parti pour la Réconciliation Nationale (PCRN) et du Social democratic front (SDF). Pour la  première formation politique citée, son leader Cabral Libii, accusait les autorités de bloquer le dépôt des dossiers de la moitié de ses candidats.  Puis, il avait demandé un délai supplémentaire de 15 jours, pour permettre à ses candidats de peaufiner leurs dossiers. Par contre les raisons évoquées par le SDF étaient d’un autre contexte. En fait, son leader, Joshua Osih mentionnait la crise dans les régions anglophones, une situation qui n’aurait pas favorisé le bon déroulement du scrutin. Puis il a aussi souligné : « À l’heure où je vous parle, nous avons 30 de nos militants qui sont détenus par les forces sécessionnistes. Nous demandons aux autorités de rétablir la paix avant le 9 février » .

La réponse des autorités

Par rapport aux différentes annonces de boycott ou supposées, le gouvernement camerounais n’avait pas fléchi. Certains camerounais avaient même pensé que, le chef de l’Etat, son Excellence Paul Biya, dans son traditionnel discours de fin d’année, allait reporter les élections. Au contraire, le président octogénaire qui gouverne le Cameroun depuis 37 ans, avait réitéré la tenue des élections pour le 9 février 2020. D’autre part,  le Conseil électoral, l’organe en charge des élections à travers son président, Enow Abrams Egbe  avait rejeté le délai supplémentaire pour le dépôt des dossiers. Ainsi, les demandes formulées par Cabral Libii et Paul Eric Kingué du Mouvement Patriotique pour un Cameroun Nouveau (MPCN), n’ont pas eu une suite favorable.

Des élections au Cameroun pourquoi faire ?

Face à une telle situation de statut quo, Maurice Kamto a tout simplement refusé de participer à cette élection. Par ailleurs, il est primordial de rappeler que Elecam, l’organe qui s’occupe d’organiser les élections n’est pas impartial. Ses  membres sont tous nommés par le président de la République, qui est aussi  président du RDPC.  En outre, les 11 juges du Conseil constitutionnelle, l’organe chargé de proclamer les résultats,  tous ses membres sont nommés pas Paul Biya. En plus, son président, Clément Atangana, sa femme est députée du parti au pouvoir (RDPC). Et cela pose un problème sur l’exigence d’impartialité et de neutralité que devrait être cette institution.

D’autre part, il faudrait aussi signaler les obstacles liés à la constitution des dossiers pour les différentes élections. Les cas les plus éclatants se sont enregistrés avec ces élections du 9 février 2020.  C’est ainsi que, la plupart des autorités  (maires, sous-préfets, préfets, etc.,) qui devraient signer certains documents pour les candidats de l’opposition étaient miraculeusement absents. Une attitude qui a compliqué les candidatures de l’opposition. C’est la raison pour laquelle, sur les 180 postes à pourvoir pour les législatives (députés), l’opposition a pu présenter seulement 46 candidatures.  Le parti au pouvoir a déjà 134 sièges acquis avant même que le vote ait eu lieu. Un vrai scandale. Qu’est ce qui va alors changer après le vote du 9 février ? Rien du tout, seulement certains leaders sous-marins de « l’opposition », vont siéger au parlement. Et le peuple va continuer à croupir dans sa misère quotidienne.  Pour qu’il ait un vote inclusif au Cameroun, il faudrait une réforme totale du code électoral avec la participation de tous les partis politiques.

Sabina Petrucci – UCCADIA  

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