Jean De Dieu Momo et la folie du pouvoir

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Jean De Dieu Momo   

Jean De Dieu Momo est un avocat camerounais qui a exercé au Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) et à la Cour de Justice CEMAC à Ndjamena au Tchad.  Toutefois, le brouillant personnage  s’est fait connaitre du grand public avec le scandale des neuf disparus de Bépanda (Douala). Dans ce procès judicaire, il assurait la défense des neuf disparus. Des jeunes qui auraient été tués durant les émeutes de la faim de 2008 au Cameroun. Successivement, Jean De Dieu Momo créait en 2010, sa formation politique : Les Patriotes Démocrates pour le Développement du Cameroun (PADDEC).

Jean De Dieu Momo et la folie du pouvoir
Jean De Dieu Momo danse après sa nomination comme ministre. Il est dans son fief à Dshang

L’homme politique

L’avocat se jette dans l’arène politique. C’est ainsi, qu’il devient un farouche opposant au président Paul Biya.  L’homme multiplie les sorties acerbes contre le pouvoir de Yaoundé. Voilà pourquoi,  il  est subitement « adopté » par une partie du public camerounais. Par la suite, il se présente aux élections présidentielles de 2011 et obtient  0,49% des suffrages. Il est tout de même 8ème sur 23 candidats qui  se sont présentés à cette consultation politique.

Puis coup de théâtre, l’homme change de casquette et s’approche du pouvoir. Une vraie métamorphose qui ne surprend pas tellement les camerounais habitués à ce genre de revirement politique. C’est ainsi qu’il fait partie du G20, un groupe constitué de 20 formations politique. Cette nouvelle alliance politique, soutient la candidature de Paul Biya à la présidentielle de 2018.  D’autre part, Jean de Dieu Momo devient le « chouchou » des médias d’où il ne cesse de tirer sur les opposants et sur les Bamilékés.  Son militantisme anti-Bamiléké sera récompensé avec son entrée au gouvernement. Il est nommé en janvier 2019, Ministre délégué de la Justice dans le gouvernement du Premier ministre Dion Nguté.

Jean De Dieu Momo et la folie du pouvoir
Jean De Dieu Momo après son sport

Jean de Dieu Momo et la folie du pouvoir

Une fois nommé, l’ex opposant farouche de Paul Biya s’acharne contre l’opposition. Il décrit tous les avantages que les Bamilékés ont bénéficié avec le pouvoir. C’est un paradoxe, car étant lui-même Bamiléké, il se plait dans cette posture anti-Bamiléké. En outre, il est fréquent sur les réseaux sociaux et intervient sur tous les sujets. Dans le site d’information en ligne, Cameroon-info. net, il utilise le surnom Bamicide Bamicine et commente tous les sujets. Il insulte et provoque toujours les autres intervenants de ce site d’info camerounais. D’ailleurs il ne se cache même pas et continue toujours dans sa campagne anti-bamiléké. Il fait certainement le jeu du pouvoir, qui l’utilise pour attaquer sa propre ethnie. Cependant, il  est urgent de mentionner que le Cameroun traverse un moment critique de son histoire. Jamais la cohésion sociale de ce pays ne s’est sentie menacée.

Par ailleurs, invité le 26 janvier à l’émission «Dimanche avec vous » sur la Télévision Equinoxe, Jean de Dieu Momo déclare gaillardement ceci: «Ce qui a changé depuis que je suis ministre, c’est que j’ai un chauffeur, un garde-corps, le tapis, c’est-à-dire j’ai les appareils de l’Etat. Ce que je ne pouvais pas faire en gagnant 100 millions FCFA comme avocat, je peux le faire en gagnant 900 000 FCFA comme ministre». Puis il souligne :  «Je peux régler le problème de passeport de Longue Longue d’un simple coup de fil. Je suis l’Etat et quand on est l’Etat, on représente l’Etat; on a le pouvoir de changer des vies; d’un coup de téléphone, je donne du travail».  En fait, durant sa campagne pour les élections du 9 février, le ministre a donné un nouveau passeport  à l’artiste, tout en soulignant qu’il est allé lui-même cherché ce document de voyage.

Momo oublie trop vite l’histoire des serviteurs de Paul Biya

Se vantant d’être l’Etat, le ministre délégué ne brille pas dans ses fonctions ministérielles. Au fait, depuis qu’il a été propulsé aux affaires, quelles sont ses réalisations  pour la société?  Aujourd’hui,  il combat plutôt les droits élémentaires des citoyens. Comme par exemple la liberté de manifestation et d’expression. Sinon comment explique-t-il les détentions du journaliste Martinez Zogo et du lanceur d’alerte Paul Tchouta ?  Par ailleurs, la justice camerounaise fonctionne en marge du code de procédure pénale et de surcroit corrompue.  Quelles sont alors, les mesures concrètes qu’il a adopté pour combattre ce mal social profond? Rien du tout. Mais par contre, monsieur le ministre se soucie plutôt de ses  avantages de fonction et du trafic d’influence qu’il peut exercer.

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Jean De Dieu doit se rappeler qu’avant lui, il y a eu aussi certains ministres ou haut commis de l’Etat qui se croyaient intouchables. Pour ne citer que quelque uns, il y a eu les ex ministres Edgar Alain Mebe Ngo'o,  Marafa Hamidou Yaya, Jean-Marie Atangana Mebara, Polycarpe Abah Abah, etc. Ceux-ci avaient des vrais rôles dans la République et mille fois mieux que celui exercé par le ministre délégué Momo. Mais, malheureusement ils sont où aujourd’hui ?  Ils sont tous au «frais», quelque part à la prison de Kondengui à Yaoundé.  Donc que Jean De Dieu Momo face attention, car Paul Biya n’a pas d’amis. En plus, il n’aime pas  ceux qui se croient tout puissant dans la République.

 Tsafack Rodrigue Pascal – UCCADIA

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