Lutte contre les faux médicaments en Afrique

1
137

Le combat sanitaire africain

Le fléau du siècle, au même titre comme les maladies endémiques du continent. Ainsi, le trafic des faux médicaments en Afrique, provoque  chaque année 100.000 morts. D’autre part, le trafic des faux médicaments dans le monde, fait gagner plus de 200 milliards de dollars aux trafiquants. Alors comment se passe désormais, la lutte contre les faux médicaments en Afrique ?

À lire aussi : « Faux » médicaments en Afrique : la mort au bout du trafic

 Comment lutter contre le fléau 

La lutte contre les faux médicaments dans un bon nombre de pays africains reste très peu réprimée. En effet, qui est coupable d’une telle activité illicite s’en sort généralement avec une amende  pécuniaire ou quelques mois de prison. Ainsi donc, on comprend pourquoi une telle mesure dissuasive ne décourage pas les trafiquants.  Déjà dans la lutte contre les faux médicaments, il y a eu l’initiative lancée par la fondation Chirac en 2009 à Cotonou. De ce fait, il fallait déclarer la guerre à ce trafic en utilisant tous les moyens coercitives. Malheureusement, 10 ans plus tard, l’initiative est restée lettre morte. Toutefois, certains pays s’organisent avec les moyens limités qu’ils ont à disposition pour combattre le malheur. Mais face à une corruption omniprésente, le mal continue à faire des centaines de milliers de victimes.

À lire aussi : Le trafic de faux médicaments progresse en Afrique

Des actions contre les faux médicaments en Afrique

Le combat est ardu et difficile, toutefois certaines opérations de grandes envergures ont été menée ci et là.  À ce sujet, en 2017, Interpol, l’organisation internationale de police a saisi dans sept pays de l’Afrique de l’Ouest, 420 tonnes de faux médicaments.  Toujours dans le même contexte, les autorités ivoiriennes en 2017, ont saisi et incinéré 40 tonnes des faux médicaments. Par ailleurs, des opérations similaires ont été menées au Nigeria, Bénin, Ghana et dans d’autres pays.  D’autre part, le Togo est l’un des pays du continent ayant modifié sa législation contre les trafiquants de faux médicaments. Désormais ils encourent une peine de vingt ans de prison et de 50 millions de franc CFA d’amende (76.200 euros).

Une saisie des Faux médicaments
Des faux médicaments saisis à Abidjan

 L’initiative de MEDSAF

MEDSAF est une start-up qui veut garantir la traçabilité des produits pharmaceutiques locaux ou importés. Cette traçabilité va du lieu de fabrication jusqu’au consommateur.  Pour le moment, la start-up est basée au Nigéria, mais sa fondatrice Vivian Nwakah, veut étendre son expertise dans les autres pays africains. D’une façon générale, le mécanisme de fonctionnement de MEDSAF est simple. La start-up, contrôle la qualité des milliers de produits dans plus de 130 hôpitaux et pharmacies du Nigeria.  Pour faire cela, elle assure le suivi scrupuleux  du produit, via son numéro d’enregistrement officiel. Ainsi, elle peut connaitre la date d’expiration et les conditions de stockage du produit. À la suite de ce contrôle, on peut déjà détecter les vrais produits des faux. Par conséquent, les faux produits sont isolés et signalés aux autorités compétentes.

Forum de Lomé contre les faux médicaments en Afrique

La Fondation Brazzaville, une ONG basée à Londres a organisé une rencontre internationale pour la lutte contre les faux médicaments en Afrique. C’est pour cela que, sept chefs d’Etats africains (Togo, Congo-Brazzaville, Sénégal, Niger, Ghana, Ouganda et Gambie) se sont réunis à Lomé.  Une rencontre de deux jours, allant du 18 au 19  janvier 2020. Et les conclusions ont été à la hauteur des attentes.  Finalement, les pays participants et les nations africaines qui adhérons à l’initiative, doivent modifier leurs législations. Ainsi, des peines très lourdes doivent être désormais infligées aux trafiquants.  De plus,  il a été recommandé de renforcer la collaboration avec les organismes ou structures internationales. Parmi ces structures il y a  Interpol, Fondation Chirac ou encore, la convention Médicrime. En outre, une Agence panafricaine du médicament sera bientôt créée. Cela va permettre de mieux coordonner la lutte contre  les contrefaçons.

Forum de Lomé
Les Chefs d'Etats Africains au Forum de Lomé

La contribution de l’éducation

Au-delà des grandes rencontres pour la lutte contre les faux médicaments en Afrique, il est aussi primordial l’éducation. De ce fait, une campagne pour la sensibilisation des populations est nécessaire. En Afrique, nombreux sont les personnes qui ne sont pas vraiment conscientes des risques liés aux faux médicaments.  Pour cela, tous les moyens doivent être utilisés dans cette campagne de sensibilisation : radio, télévision, meeting public,  écoles, etc.. D’autre part,  la lutte contre la corruption doit être aussi une priorité, car c’est l’un des maux qui mine l'Afrique. En tout cas, tant que ce mal perdure sur le continent, on ne pourra pas vaincre de si tôt la lutte contre les faux médicaments.

Kouadio Jean-Baptiste – UCCADIA

La rédaction de UCCADIA vous conseille ces articles :  

1 - Les faux médicaments en Afrique

2 - Berlin: Conférence sur la Libye

3 - Internationalisation du conflit libyen

4 - Qui était Qassem Soleimani ?

 

 

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

Entrer votre commentaire!
Entrer votre nom ici